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Un grand monsieur s'en va
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Un grand monsieur s'en va
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Longtemps considéré comme l'enfant terrible de la littérature américaine, Norman Mailer, qui est mort dans la nuit de vendredi à samedi à l'âge de 84 ans, aura été toute sa vie l'observateur subversif de l'Amérique.

A la fois romancier, journaliste, poète, metteur en scène, scénariste, acteur de cinéma occasionnel et même candidat à la mairie de New York, adorant confondre les genres comme dans sa biographie romancée de Marilyn Monroe, Norman Mailer s'est employé toute sa vie à ruer dans les brancards.

En 2006, l'écrivain avait reçu à New York la Légion d'honneur, la plus haute distinction française. Verve et causticité intactes, il pestait contre ce qu'il considérait comme "la stupidité du peuple américain" sous l'influence du président George W. Bush.

Toujours actif, il venait de publier "Un château en forêt", dans lequel il explore la jeunesse et la famille d'Adolf Hitler.

Ce témoin engagé, grand conteur des matches de Mohammed Ali ou de la conquête de l'espace, regardait cette "drôle d'époque" et s'avouait "dans l'état de pessimisme intellectuel le plus profond".

Il déplorait une Amérique toujours plus puissante économiquement mais moins créative et moins cultivée, dévoyée par la cupidité, abrutie par l'obsession patriotique ou les publicités télévisées.

George W. Bush "est le pire président que j'aie vu. Ce n'est pas peu dire, car j'ai connu Ronald Reagan", avait martelé Mailer l'an dernier, en raillant la manie américaine de vouloir exporter la démocratie dans d'autres pays. "On n'insuffle pas la démocratie à un pays malade", disait-il.

Provocateur dérangeant, auteur d'une quarantaine d'ouvrages, Norman Kingsley Mailer était né le 31 janvier 1923 à Long Branch dans le New Jersey (est) dans une famille de la petite bourgeoisie juive. L'élève brillant qui grandit à Brooklyn écrit sa première nouvelle à 12 ans.

Entré à Harvard en 1939, diplômé en mécanique aéronautique quatre ans plus tard, il part combattre dans le Pacifique jusqu'à sa démobilisation en 1946.

La guerre lui fournit la matière de son premier livre "Les nus et les morts" (1948). Avec ce roman au réalisme brutal, traduit en une vingtaine de langues, il devient célèbre à l'âge de 25 ans.

Fervent défenseur des causes radicales dans les années 1960, Norman Mailer a été l'un des fondateurs de l'hebdomadaire new-yorkais Village Voice.

En 1969, il est candidat à la mairie de New York.

Obsédé par l'Amérique moderne, l'écrivain en fait une critique au vitriol dans ses ouvrages inspirés à la fois par l'actualité et par sa propre vie: "Un rêve américain" (1965), "Pourquoi sommes-nous au Vietnam" (1967), "Les armées de la nuit" (prix Pulitzer 1969) et le "Prisonnier du sexe" (1971).

Chacun de ses livres ou presque soulève des controverses: "Marilyn" (1973), "Le chant du bourreau" (prix Pulitzer 1980), un roman reportage basé sur un fait réel et racontant le calvaire d'un criminel de sa naissance à son exécution, ou encore son dernier ouvrage "Un château en forêt" sur la jeunesse d'Hitler (2007).

En 1999 paraît "L'Amérique", recueil d'essais, de reportages et de "ruminations", suivi l'année d'après de "Combat du siècle", récit du match mythique en 1974 entre Cassius Clay et George Foreman.

Dans son film "Woody et les robots" (1973), le réalisateur américain Woody Allen a cette petite phrase assassine: "Ceci est un portrait de Norman Mailer. Il a légué son ego à l'école de médecine de l'Université Harvard".

Marié six fois, Norman Mailer avait neuf enfants (bien neuf) et dix petits-enfants.
10.11.2007, 18:01
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Re : Un grand monsieur s'en va
RIP Sad
10.11.2007, 20:31


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