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nouveau fil d'avril
Oireb Hors ligne
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#11
Re : nouveau fil d'avril
"Le patient du docteur Hirschfeld", le dernier roman de Nicolas Verdan qui va recevoir au prochain salon du livre le prix du public de la RTS.
Les chapitres alternent les années 1933 à 43 d'avec l'automne 1958.
Ce docteur avait créé à Berlin un institut de sexologie. Mais étant Juif et homosexuel, il n'était vraiment pas bien vu pas les nazis. C'est toute cette ambiance de ces milieux - homos comme nazis - qui sont racontés, avec ceux qui théorisent, mais en pratique... Ou encore avec la chasse aux criminels nazis.
Face au résumé, j'étais sceptique. Mais c'est bien écrit et bien structuré pour nous faire arrêter à la dernière page...
Un livre est très important. Personne n'a jamais payé le vrai prix d'un livre; on ne paye que l'impression. Un livre est un don et doit être considéré comme tel. Accorder attention et estime à l'auteur renforce la puissance de l'écriture. L. I. Kahn
17.04.2012, 22:05
sylviou Hors ligne
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#12
Re : nouveau fil d'avril
Lu Un cri si lointain de Ake Edwardson. Ce roman est le deuxième tome traduit en français des enquêtes de Erik Winter. Le premier est Danse avec l'ange. Je fais ma compulsive habituelle avec les héros récurrents de polars. Il m'en reste en tout cas six à suivre derrière, quel joie  Big Grin


Erik Winter est commissaire à Göteborg, Suède. Jeune, fortuné et élégant. Amateur de jazz et de cigarillos. Plongé dans son travail comme un sacerdoce, rongé souvent par le mal qu'il côtoie trop souvent. Un personnage attachant et déroutant.

Un été caniculaire plombe la ville, la met en ébullition. Ca canarde ou ça cogne dans tous les coins. Tout le monde semble un peu sur les nerfs, à commencer par la police qui ramasse les morceaux.
Une femme est retrouvée morte. Elle restera longtemps non identifiée, le seul élément probant étant qu'elle a enfanté, au moins une fois dans sa vie. Mais d'enfant seule et abandonnée, pas de trace. Pourquoi? les appels à témoin restent lettre morte. Ultra moderne solitude...
Le puzzle prendra du temps à se mettre en place, à force de petits détails insignifiants, au fil des mois, plongée dans les méandres du passé...

Une bonne enquête. Et par petites touches, des thèmes aussi importants que la solitude, l'immigration, l'intégration sont abordés. Et toujours un style particulier de l'auteur, très axé sur Winter, et les méandres de ses pensées et réflexions, ses choix, ses doutes.

"Réfléchir, c'est déranger mes pensées"
18.04.2012, 00:16
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#13
Re : nouveau fil d'avril
"Forêt profonde" de Anne Cunéo.
Ce texte, qui date de 1974, est une projet pour un spectacle de danse et de poésie avec des citations, dont la chanson de Léo Ferré "Il n'y a plus rien".
A-t-il été crée? Il faudra que je passe au stand Campiche le lui demander.

"Une place pour Lausanne et Flon 90" de Marx Lévy et Jean-Claude Péclet.
Un état des lieux des expériences urbanistiques de Lausanne et la présentation d'un plan d'aménagement de la vallée du Flon qui n'a pas été réalisé.
Une préparation pour lire le nouveau livre des éditions d'En Bas sur les nombreux projets qui ont été réalisés sur le papier et jamais en réalité!
Un livre est très important. Personne n'a jamais payé le vrai prix d'un livre; on ne paye que l'impression. Un livre est un don et doit être considéré comme tel. Accorder attention et estime à l'auteur renforce la puissance de l'écriture. L. I. Kahn
25.04.2012, 07:02
sylviou Hors ligne
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#14
Re : nouveau fil d'avril
Lu La Vie Devant Soi de Emil Ajar (Romain Gary).

Qu'en dire?

une histoire particulière, lourde et dérangeante.

Il y a à la fois beaucoup de solidarité et beaucoup d'égoïsme dans ce microcosme-là. De la solidarité entre ces personnes qui vivent comme elles peuvent, entre misère matérielle et affective, mais qui font aussi ce qu'elles peuvent, dans ces circonstances-là, pour se soutenir. De l'égoïsme chez Madame Rosa, qui ment pour garder Momo près d'elle, par peur d'être seule, peut-être aussi pour le protéger. Mais garder les gens dans un cocon n'est jamais une solution satisfaisante à long terme. Le médecin aussi est ambivalent. Il garde le secret, parce qu'il trouve que c'est une belle histoire d'amour? mon Dieu mais quel argument! des clous...
Et puis, il y a tout ce méli-mélo de religions, d'origines, de cultures, de métissages... probablement ce qui est le plus intéressant et significatif. Et là le point de vue de l'enfant-narrateur est précieux. A travers sa naïveté, on est en plein dans l'absurdité de ces clichés et des étiquettes qui en découlent. Une façon particulièrement bien amenée de dénoncer ce genre de catégories.

je reconnais une grande liberté de ton à Romain Gary et un point de vue très personnel, j'imagine dû à ses origines, sa vie (mais je ne suis pas une spécialiste de Gary hein!).
J'ai eu le sentiment à la lecture de ce livre que c'était comme un cri et du désespoir et que Romain Gary avait besoin d'inventer ces deux personnages-là, Momo et Madame Rosa, pour cracher ce qu'il avait à dire, tout en se cachant derrière l'enfant plutôt qu'en adoptant un point de vue extérieur.
Le fait que le narrateur soit un enfant est ce qui m'a le plus freiné en fait dans la lecture. Le style en devient répétitif et ne m'a emportée. C'était sûrement le moyen le plus évident pour l'auteur de dire certaines choses mais je m'en suis lassée, au fur et à mesure de ma lecture.

C'est un livre que j'aurais aimé aimer plus que ça, mais bon, voilà!!

Par contre, j'avais vu il y a quelques temps la pièce de théâtre qui en a été adaptée (avec Myriam Boyer) et j'avais beaucoup apprécié, j'avais été touchée. Je pense donc que c'est la forme plus que le fond qui m'a déplu dans le livre.
"Réfléchir, c'est déranger mes pensées"
25.04.2012, 10:15
SouRam Hors ligne
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#15
Re : nouveau fil d'avril
(25.04.2012, 10:15)sylviou link a écrit :Lu La Vie Devant Soi de Emil Ajar (Romain Gary).

Qu'en dire?

une histoire particulière, lourde et dérangeante.

Il y a à la fois beaucoup de solidarité et beaucoup d'égoïsme dans ce microcosme-là. De la solidarité entre ces personnes qui vivent comme elles peuvent, entre misère matérielle et affective, mais qui font aussi ce qu'elles peuvent, dans ces circonstances-là, pour se soutenir. De l'égoïsme chez Madame Rosa, qui ment pour garder Momo près d'elle, par peur d'être seule, peut-être aussi pour le protéger. Mais garder les gens dans un cocon n'est jamais une solution satisfaisante à long terme. Le médecin aussi est ambivalent. Il garde le secret, parce qu'il trouve que c'est une belle histoire d'amour? mon Dieu mais quel argument! des clous...
Et puis, il y a tout ce méli-mélo de religions, d'origines, de cultures, de métissages... probablement ce qui est le plus intéressant et significatif. Et là le point de vue de l'enfant-narrateur est précieux. A travers sa naïveté, on est en plein dans l'absurdité de ces clichés et des étiquettes qui en découlent. Une façon particulièrement bien amenée de dénoncer ce genre de catégories.

je reconnais une grande liberté de ton à Romain Gary et un point de vue très personnel, j'imagine dû à ses origines, sa vie (mais je ne suis pas une spécialiste de Gary hein!).
J'ai eu le sentiment à la lecture de ce livre que c'était comme un cri et du désespoir et que Romain Gary avait besoin d'inventer ces deux personnages-là, Momo et Madame Rosa, pour cracher ce qu'il avait à dire, tout en se cachant derrière l'enfant plutôt qu'en adoptant un point de vue extérieur.
Le fait que le narrateur soit un enfant est ce qui m'a le plus freiné en fait dans la lecture. Le style en devient répétitif et ne m'a emportée. C'était sûrement le moyen le plus évident pour l'auteur de dire certaines choses mais je m'en suis lassée, au fur et à mesure de ma lecture.

C'est un livre que j'aurais aimé aimer plus que ça, mais bon, voilà!!

Par contre, j'avais vu il y a quelques temps la pièce de théâtre qui en a été adaptée (avec Myriam Boyer) et j'avais beaucoup apprécié, j'avais été touchée. Je pense donc que c'est la forme plus que le fond qui m'a déplu dans le livre.

Je me rappelle avoir lu "La vie devant soi" et même, j'y ai eu droit (une 2e fois) en classe ! J'avais plutôt aimé à l'époque, je serais moins réceptif aujourd'hui, à cause de mon habitude de démonter, d'analyser, de repérer des procédés de style. Je suis aussi d'avis que les métissages et la liberté que prend Gary en inventant un gamin, Momo, on devine un raccourci pour dire Mohamed, qui vit chez Rosa, israélite, a quelque chose d'audacieux spécialement pour nous en 2012, ça l'était déjà à l'époque de la sortie de ce roman, d'ailleurs. Entremêler, emmêler les appartenances, il fallait oser!
Après, il y a des éléments qui sonnent un peu décalés si le narrateur est un enfant: "Je me sentais comme un peuple qui avait le droit de disposer de lui-même" (très activiste adulte ce concept me semble-t-il) ou la scène où le narrateur imagine une séquence rembobinée, "on pourrait reculer jusqu'au paradis terrestre", c'est sûrement bien davantage de l'Emile Ajar que du Momo. Et comment Momo peut-il ne pas s'apercevoir qu'il est plus âgé que l'âge que lui attribue Rosa ?

Le drame personnel d'Ajar rôde sûrement à proximité: déjà il se cache, Gary*, derrière un pseudo (Emile Ajar), d'ailleurs un de ses romans précédents s'intitule... "Pseudo" ensuite Ajar doit refuser le Goncourt pour "La vie devant soi" parce qu'il a déjà eu le Goncourt et qu'il est interdit de l'avoir deux fois.
*Gary, du russe "gorit'", brûler, littéralement Gary = "Brûle !" - Ajar, c'est un mot russe ça veut dire braises rougeoyantes, ce qui reste quand ça a brûlé.
"Il ne t'est jamais donné de rêve sans le pouvoir de le réaliser" (Richard Bach)
26.04.2012, 11:40
SouRam Hors ligne
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#16
Re : nouveau fil d'avril
Après L'Homme au complet blanc de Lucette "Loulou" Lagnado, récit de vie, bio d'une juive née au Caire l'année où un monde, un mode de vie prennent fin, en 1956 (guerre de Suez) récit touchant et parfois triste sur l'arrachement et l'exil, j'ai lu des nouvelles pleines de vie, oscillant entre l'absurde et le drame, de Cholem Aleichem. Né Cholem Naoumovitch Rabinovitch en 1859 en Ukraine et émigré à Genève, puis à New York, Cholem Aleichem ("la paix soit avec vous" en hébreu) a inauguré la littérature juive en langue yiddish vers 1890-1910, il est mort en 1916 à N.Y. Drôle, pimpant, mélo, émouvant, La Vie éternelle, 13 histoires courtes pour marquer le temps se compose de treize nouvelles. Un treize qui ne porte pas malheur, à découvrir. Paru chez Metropolis, traduit du yiddish par Arthur Langerman et Ariel Sion.
Spécialement aimé "Une fête de Pâque prématurée" (Pessah): dans l'imaginaire cité allemande de Narenberg ("die Narren", les dingues, Mont des Dingues) un Juif pauvre gagne quelques kopecks en vendant des calendriers juifs... vieux de vingt ans à une clientèle qui ne se rend pas compte de l'arnaque. Du coup, en se fiant à ce calendrier, les Juifs de Narenberg en viennent à fêter la Pâque avec un mois d'avance, suscitant l'étonnement des Juifs de Berlin, Paris, Londres qui se demandent ce qui se passe!
Plusieurs transcriptions de son nom sont en usage: Sholem Aleikhem, Sholem Aleichem. Un Violon sur le toit ça s'inspire d'une de ses nouvelles, mais pas une nouvelle de ce livre.
"Il ne t'est jamais donné de rêve sans le pouvoir de le réaliser" (Richard Bach)
26.04.2012, 11:48


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